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Psaume 22 (h 23)

1 Le Seigneur est mon berger ; je ne manque de rien ;

2 il me fait demeurer dans les verts pâturages.

   Il me mène reposer près des eaux ;

3 il ranime mes forces.

   Il me guide par le bon chemin

   pour l’honneur de son Nom

4 Si je traverse un ravin ténébreux,

   je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.

   Ton bâton, ta houlette,

   voilà mon réconfort !

5 Pour moi, tu prépares la table,

   sous les yeux de mes adversaires.

   Tu répands le parfum sur ma tête ;

   tu me donnes une coupe débordante.

6 Grâce et bonheur viendront m’accompagner

   tous les jours de ma vie.

   Pour de longues années,

   j’habiterai la maison du Seigneur.

(Traduction Psautier de Ligugé)

Ce psaume est l’un des plus connus du psautier. Il a marqué ma jeunesse chrétienne tant avant qu’après le concile Vatican II, chanté sur la célèbre mélodie du Père Gélineau (Cf. Lien ci-dessous). Après des siècles d’une vision d’un Dieu courroucé du comportement peccamineux de ses créatures, ce psaume offrait, en français et sur une musique apaisante, l’image du Seigneur, pasteur plein de sollicitude pour ses brebis et hôte accueillant, offrant grâce et bonheur à profusion, dans un décor rustique verdoyant et reposant.

Ce voyage sous la conduite bienveillante du Seigneur s’achève avec la promesse d’habiter sa maison pour de longues années ; aussi ce psaume est-il fréquemment choisi pour la célébration des obsèques.

Vision eschatologique à rapprocher de celle de David -  auquel ce psaume est attribué -, berger de Bethléem, appelé à une royauté annonçant celle du Christ, messie-roi d’un Royaume à la fois proche (Lc 10, 9 et 11) et pas de ce monde (Jn 18, 36) où, en bon pasteur, il donne sa vie pour ses brebis (Jn 10, 11).

 

Certains ont vu dans ce psaume une évocation poétique de l’entrée d’Israël, au terme d’un de ses exils dans le repos bienfaisant de la Terre promise. Mais l’émotion qui se dégage de cette jouissance de l’intimité de Dieu traduit une authentique expérience mystique que le psalmiste nous invite à partager.

Ci-dessus et en tête de l'article (détail) : Mosaïque du Bon Pasteur, Ravenne (5° s.) (Photo Wikimedia commons)

Ci-dessus et en tête de l'article (détail) : Mosaïque du Bon Pasteur, Ravenne (5° s.) (Photo Wikimedia commons)

Compréhension

Dieu berger (v. 1 à 4)

La métaphore du berger est classique dans le Proche-Orient ancien. Elle s’applique aux rois, aux dieux pour indiquer leur rôle de guide et de protecteur de leur peuple. L’Ancien Testament l’applique volontiers à Yhwh :

Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. Je les ferai sortir d’entre les peuples, je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre ; je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d’Israël. Là, mes brebis se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d’Israël. (Ez 34, 11-14)

Voir aussi : Is 40, 11 ; 49, 10 ; Jr 23, 1-5 ; Mi 7, 14 ; Ez 25, 31 …

Par contre, dans ce psaume 22, Yhwh n’est pas considéré comme berger de son peuple mais du psalmiste en particulier (V. 1). L’expérience d’Israël qui ne manquait de rien pendant les quarante années passées au désert (Dt 2, 7) de communautaire devient individuelle (v. 1)

S’ensuit l’explicitation : nous retrouvons les verts pâturages comme en Ez 34, 14, évocation forte du fait qu’une telle profusion est rare en Palestine. Les eaux sont celles de citernes alimentées par le puisage de sources. Une autre traduction est possible : « près des eaux qui reposent, il me conduira ». Son auteur, J.- L. Vesco les opposent aux « eaux de la révolte », celles de Mériba (Nb 20, 2-13).

 

Le troupeau dont les forces sont maintenant ranimées poursuit sa route, guidé sur le bon chemin comme Israël le fut à travers le désert durant l’exode en particulier par la colonne de nuée (Ex 13, 17-21). Le chemin est aussi celui de discernement et de justice que propose la Torah, thème très fréquent dans le psautier :

Enseigne-moi ton chemin, Seigneur, conduis-moi par des routes sûres, malgré ceux qui me guettent. (Ps 27, 11)

 

L’expression « pour l’honneur de son nom » appartient aussi au contexte de l’exode :

Cependant j’ai agi à cause de mon nom, pour qu’il ne soit pas profané devant les nations parmi lesquelles ils vivaient. Sous les yeux de ces nations, je me fis connaître à eux en les faisant sortir du pays d’Égypte. (Ez 20, 9)

Dieu se doit de montrer sa suprématie sur les idoles païennes, son nom est ce qui définit sa personne, en tous ses attributs, et en conséquence sa gloire, destinée à régner dans son temple :

Salomon ordonna de bâtir une maison au nom de Yahvé et une autre pour y régner lui-même. (2 Ch 2, 1)

Marcher dans les voies de Yhwh c’est adopter son nom et avoir la certitude d’être craint comme lui :

Yahvé fera de toi le peuple qui lui est consacré, ainsi qu'il te l'a juré, si tu gardes les commandements de Yahvé ton Dieu et si tu marches dans ses voies. Tous les peuples de la terre verront que tu portes le nom de Yahvé et ils te craindront. (Dt 28, 9-10)

… Et d’habiter sa maison (Ps 22, 6)

 

Au verset 4 s’installe le style direct : le psalmiste-brebis s’adresse directement à Yhwh-berger pour lui témoigner sa confiance même dans les passages difficiles de la vie évoqués comme un ravin ténébreux traduit par « vallée d’ombre de la mort » par J.- L. Vesco qui rapprochent ces deux mots liés par l’étymologie, comme aussi dans le psaume 106 (v. 13-14) :

Et ils ont crié vers Yhwh dans leur adversité, de leurs tourments il les a sauvés.

Il les a fait sortir des ténèbres et de l’ombre de la mort, et il a rompu leurs chaînes.

Les gorges de Galamus et l'ermitage (Aude)

Les gorges de Galamus et l'ermitage (Aude)

Le bâton et la houlette sont les deux instruments du berger. Le bâton sert à la défense et la houlette, avec son extrémité en forme de crochet, permet d’attraper les brebis. C’est la houlette qui stylisée en crosse symbolise le rôle de guide d’un évêque. Ces instruments permettent au berger d’être repéré de loin par le troupeau. Le psalmiste y voit le signe de la présence réconfortante de Yhwh.

La houlette sert à attraper la brebis par la patte

La houlette sert à attraper la brebis par la patte

Mgr Eychenne, évêque de Pamiers, avec la houlette du  berger (Montségur, 2 octobre 2016)

Mgr Eychenne, évêque de Pamiers, avec la houlette du berger (Montségur, 2 octobre 2016)

Mgr Eychenne portant sa crosse à la rencontre de ses brebis

Mgr Eychenne portant sa crosse à la rencontre de ses brebis

Remise de la crosse lors de la consécration d'un évêque

Remise de la crosse lors de la consécration d'un évêque

Dieu hôte (v. 5-6)

La métaphore change de registre et s’achemine vers son sens mystique : le berger à la sollicitude empressée envers ses brebis devient l’hôte qui accueille et nourrit son fidèle dans toutes les règles de l’hospitalité orientale.

Le mot table se comprend difficilement au sens strict dans le contexte pastoral : sans doute s’agit-il plutôt d’une natte étendue à terre sur laquelle sont disposés une profusion de mets, ainsi que l’exprime le psaume 77 (v. 19), à propos de l’attente des hébreux au désert pendant l’exode :

Ils s’en prennent à Dieu et demandent : « Dieu peut-il apprêter une table au désert ? »

Certains ont vu ici un repas sacrificiel proposé aux abords du temple (« la maison du Seigneur », cf. par exemple Dt 16, 11-14). L’ambiguïté est peut-être voulue par le psalmiste pour orienter vers le sens mystique de ce repas offert par le Seigneur où la surabondance est marquée par la coupe débordante.

 

L’onction parfumée est signe de respect et d’attention pour l’invité au festin. C’est elle aussi qui consacre la royauté ; ainsi l’invité est-il fêté comme un « roi » :

Oui, Dieu, ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie, comme aucun de tes semblables ; la myrrhe et l’aloès parfument ton vêtement. (Ps 44, 8-9)

Cette prédilection du Seigneur pour son invité « sous les yeux des adversaires » est une vengeance qui se savoure aussi.

Le verset 6 marque la conclusion mystique de la métaphore : bonheur, amour, faveur, grâce (presqu’au sens paulinien !) - selon les différentes traductions - accompagnent le psalmiste au terme de son parcours spirituel qui débouche sur la communion spirituelle avec son Dieu. Le mot maison marque cette intimité atteinte avec YhWh, maison terrestre symbolisée par le Temple mais aussi demeure céleste, synonyme d’éternité bienheureuse comme le fait remarquer André Chouraqui à propos du verset 6 (Louanges, tome 1, p. 146) :

« J’habite shabti : Peut aussi se traduire « je retourne ». L’union de l’homme et de Yhwh se poursuivra non seulement tous les jours de [sa] vie mais dans l’éternité à longueurs de jours. »

On comprend maintenant pourquoi ce psaume est si souvent choisi lors des funérailles mais il est aussi le psaume par excellence de la préparation liturgique des catéchumènes à la grâce pascale : Jésus, « le bon berger », a donné sa vie pour ses brebis ; par la grâce de son Evangile il continue de les mener aux sources (v. 2) - baptême - et de leur préparer une table (v. 5) – eucharistie -

Mais la mort n’est-elle pas une nouvelle naissance ?

Le Bon Pasteur, par Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681) (Photo Wikimedia commons)

Le Bon Pasteur, par Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681) (Photo Wikimedia commons)

Méditation en forme d’échos

 

1         Le Seigneur est mon berger ; je ne manque de rien ;

Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. (Jn 10, 11-14)

 

Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. (I P 2, 25)

 

2ab     il me fait demeurer dans les verts pâturages.

Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. (Jn 10, 9)

 

2c       Il me mène reposer près des eaux ;

3a       il ranime mes forces.

Ils n’auront ni faim ni soif ; le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus. Lui, plein de compassion, les guidera, les conduira vers les eaux vives. (Is 49, 10)

 

Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. (Is 58, 11)

 

« Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » (Jn 4, 14)

 

3b       Il me guide par le bon chemin

3c       pour l’honneur de son Nom

Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra. (Ps 1, 6).

Cf. : http://www.bible-parole-et-paroles.com/2016/01/psaume-1-les-deux-voies.html

 

Il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. (Jn 10, 4)

« Le Pasteur dirige, le Pasteur gouverne par sa seule voix. Sa propre voix est le seul instrument, le seul insigne de son pastorat. Elle est son seul bâton pastoral. Son bâton de chantre aussi. Tout sauf un instrument de pouvoir. Timbre unique entre tous les timbres, inflexion unique entre tous les petits chemins à travers lesquels l’individu peut s’infléchir (car ce que l’on appelle inflexion est ce petit chemin sonore que l’individu se fraie à travers sa propre subjectivité, comme à travers celle de quiconque l’écoute).

Le Pasteur mène à voix nue, à voix chantante, a capella. A vrai dire, sa voix est un chant bien plus encore qu’une voix, de sorte que tout cet évangile pourrait se résumer ainsi : le Chant mène au champ. Et où veut-il en venir, où veut-il mener, avec sa voix ? Eh bien ! il mène à ce champ qui est sa voix elle-même. Oui, le pâturage (Jn 10, 9) auquel le Pasteur mène, c’est sa propre voix ; c’est la Voix comme « paysage choisi », comme espace vert et ouvert. La Voix spacieuse. A travers cette histoire enfantine de berger et de brebis, Jésus veut dire au fond ceci : la Parole - cette Parole-là - mène toute seule au champ herméneutique, au pays de sa propre exégèse, autrement dit à son propre espace. La Voix ouvre son arpège comme un jardin public.

En tout cet évangile écoutons la Voix, c’est-à-dire écoutons la Voix parler d’elle-même, et, de son propre mystère, et de son propre jeu. Ecoutons la Voix chanter toute seule et s’oublier un instant dans l’aveu charmant de son propre jeu. Car Jésus n’est ni Orphée ni Narcisse. Jésus seul est assez détaché, assez naturel, assez pur, en un mot, pour s’enchanter de lui-même sans rien perdre de son charme. »

(Frère François Cassingéna—Trévedy, moine de Ligugé, « Etincelles » II, pp. 370-371, Ed. Ad Solem, 2007)

Le pape François berger universel

Le pape François berger universel

4         Si je traverse un ravin ténébreux,

            je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.

            Ton bâton, ta houlette,

            voilà mon réconfort !

De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12)

 

5         Pour moi, tu prépares la table,

            sous les yeux de mes adversaires.

            Tu répands le parfum sur ma tête ;

tu me donnes une coupe débordante.

Écoutez, nations, la parole du Seigneur ! Annoncez dans les îles lointaines : « Celui qui dispersa Israël le rassemble, il le garde, comme un berger son troupeau. Le Seigneur a libéré Jacob, l’a racheté des mains d’un plus fort.

Ils viennent, criant de joie, sur les hauteurs de Sion : ils affluent vers les biens du Seigneur, le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, les génisses et les brebis du troupeau. Ils auront l’âme comme un jardin tout irrigué ; ils verront la fin de leur détresse. (Jr 31, 10-12)

 

Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. (Mt 8, 11)

 

En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » (Lc 14, 15)

 

Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. (Lc 22, 29-30)

 

Puis l’ange me dit : « Écris : Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! » Il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu. » (Ap 19, 9)

 

6         Grâce et bonheur viendront m’accompagner

            tous les jours de ma vie.

            Pour de longues années,

            j’habiterai la maison du Seigneur.

Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. (Mt 6, 33-34)

 

En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. (Ep 1, 7-8)

Le Bon Pasteur, catacombe de Priscille, Rome (2° moitié du 3° s.) (Photo Wikimedia commons)

Le Bon Pasteur, catacombe de Priscille, Rome (2° moitié du 3° s.) (Photo Wikimedia commons)

Méditation grégorienne

-         Les versets 1 et 2 du psaume 22 ont donné la Communion du 32ème dimanche du temps ordinaire (A) (sert aussi pour la liturgie des défunts) :

Dominus regit me et nihil mihi deerit. In loco pascuae ibi me collocavit. Super aquam refectionis educavit me.

https://www.youtube.com/watch?v=o1wU3RyRhs0

 

-         Le verset 4 a donné le graduel du 16ème dimanche du temps ordinaire (B) (sert aussi pour la liturgie des défunts) :

Si ambulem in medio umbrae mortis, non timebo mala : quoniam tu mecum es, Domine. Virga tua, et baculus tuus, ipsa me consolata sunt.

Enregistrement par les Chantres du Thoronet donnant une version « orientalisante » avec bourdon :

https://www.youtube.com/watch?v=cGalOewt7DA

Le Bon pasteur, catacombe de Domitille, Rome, 2° s. (Photo Wikimedia commons)

Le Bon pasteur, catacombe de Domitille, Rome, 2° s. (Photo Wikimedia commons)

D’autres musiques sur les textes de ces pièces grégoriennes

Dominus regit me

-         Carl Nielsen (1865-1931) :

https://www.youtube.com/watch?v=N1uJEoO7MTg

-         Hymne traditionnel anglican “The King of Love my Shepherd is” par le King's College Choir Cambridge :

https://www.youtube.com/watch?v=bsULX5J3xFA

-         Philippe Rogier (vers 1561 – 1596) :

https://www.youtube.com/watch?v=VhdHqUj0Ne0&t=24s

 

Si ambulem

-         Roland de Lassus (1532-1594), Graduel, Missa pro defunctis :

https://www.youtube.com/watch?v=Sm3f568wp04

-         Pierre Certon (16° s.), Graduel, Missa pro defunctis :

https://www.youtube.com/watch?v=nz4DGKBO2YI

-         François Eustache du Caurroy (1549-1609), Graduel, Missa pro defunctis :

https://www.youtube.com/watch?v=64rjXL4ELs4

Sur la thématique du psaume 22

Johan Sebastian Bach : Cantate BWV 112 “Der Herr ist mein getreuer Hirt” (Le Seigneur est mon fidèle pasteur). 1ère audition à Leipzig le 8 avril 1731.

Version Tom Koopman :

https://www.youtube.com/watch?v=KxTAvkDFaRQ

Texte allemand et traduction :

http://www.bach-cantatas.com/Texts/BWV112-Fre6.htm

Confessionnal, église de Liart, 19° s. (Ardennes) (Photo Wikimedia commons)

Confessionnal, église de Liart, 19° s. (Ardennes) (Photo Wikimedia commons)

Le psaume 22 chanté en français

-         Version Joseph Gélineau (cliquer aussi sur le psaume pour écouter)

https://www.youtube.com/watch?v=3GbHkrHJXVI

Sur l’apport de Joseph Gélineau au renouveau liturgique :

http://liturgiecatholique.fr/IMG/pdf/Joseph_Gelineau.pdf

 

-         Par les moines de Tamié :

https://www.youtube.com/watch?v=efZHvtwmpRc

 

-         Par les moines d’En Calcat :

https://www.youtube.com/watch?v=dB70RZ3T20Q

Icône russe (19° s.) (Photo Wikimedia commons)

Icône russe (19° s.) (Photo Wikimedia commons)

Compléments

 

Appel au berger

Marie Noël (Les chants de la merci, II, 1926-28, Poésie/Gallimard 2003, p. 87)

 

Berger qui suis dans la plaine

Un rêve au-delà du jour,

Berger, je suis une reine

Qui vient te prier d'amour.

 

Berger, je pleure à la ronde,

J'ai besoin d'un grand baiser.

Je suis la Douleur du Monde,

Berger, veux-tu m'épouser ?

 

J'ai dans le vent, j'ai dans l'ombre

Trop de brebis à garder,

Seule, par un temps si sombre,

Sans personne pour m'aider.

 

Le troupeau las que je mène

Le long d'un pays sans fin,

A traversé tant de peine

Qu'il ne sait plus son chemin.

 

Qu'il ne sait plus sa fontaine

Pour boire... Un vent étranger

Dans le noir de son domaine

Le pousse entre les dangers.

 

Le vent sans ciel s'en empare.

Un faux pâtre m'a volé

Mes brebis et les égare

Dans un champ inconsolé...

 

Veux-tu de moi pour chérie,

Berger ? Mon royaume errant,

Mes moutons sans bergerie

Que je conduis en pleurant,

 

Veux-tu dans leur mal sans route

Les empêcher de périr

Et me donner goutte à goutte

Ton âme pour me guérir ? ...

 

Viens ! - Si c'est ton avantage

Que tu cherches, ne viens pas -

Tu n'auras pour héritage

Avec moi, mon pauvre gas,

 

Que la maison de misère,

La huche sans miel ni vin

Où, maigre, chaque jour serre

Le reste obscur de sa faim.

 

Tu n'auras guère de flamme

Entre tes chenets étroits ...

Tu n'auras ni fils, ni femme,

A ton ombre. Il fera froid...

 

Viens ! mon berger lamentable,

Viens et goûte mon festin !

Je mettrai Dieu sur la table

Pour ton repas du matin.

 

Je mettrai près de ta bouche

Dieu, comme un morceau de pain.

Et tes brebis, touche à touche,

L'iront manger dans ta main.

 

Aux agneaux tu feras boire

Dieu, comme du vin à toi

Et des gouttes de sa gloire

Te jailliront sur les doigts ...

 

Il a fait un grand voyage

D'amour. Pauvre, les pieds nus,

Pour me prendre en mariage,

Moi perdue, Il est venu.

 

Jusqu'à la porte barrée

Du bercail. Il a conduit

La solitude égarée

De mon troupeau dans la nuit.

 

Il a trouvé la pâture

Close au bout d'un val étroit,

Il a rompu la clôture

D'un seul coup avec sa croix.

 

Il a brisé la barrière,

Les mains et les pieds en sang,

Et tous les moutons derrière,

Par l'ouverture passant,

 

Sont entrés dans l'Espérance,

L'herbage au sommet du jour

Où leurs talons en souffrance

Se calment aux fleurs d'amour ...

 

Berger ! la porte divine

Va se perdre. Le Mauvais

La bouche avec des épines.

Et je vais pleurant, je vais

 

Réclamant à l'aventure

Ce lieu que je ne sais plus,

Cette eau, cette nourriture,

Ce pain, ce vin, ce Jésus,

 

Cherchant pour être guérie

Le passage ... Berger, viens !

Viens dans les ronces, marie

Tes pieds déchirés aux miens.

 

Donne-moi tes mains couvertes

De blessures. Viens et tiens

La porte du ciel ouverte

Pour que mes petits - les tiens -

 

Qu'une grand'sueur inonde

Entrent là se reposer ...

Je suis la Douleur du Monde,

Berger, veux-tu m’épouser ?

Icône russe (fin 19° s.) (Photo Wikimedia commons)

Icône russe (fin 19° s.) (Photo Wikimedia commons)

Les paraphrases du psaume 22 au XXe siècle

Répons, cantiques, chansons et poème : https://journals.openedition.org/rsr/2417#tocto1n1

 

Mosaïque de mausolée de Galla Placidia à Ravenne (Italie)

Site avec explications : http://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/oeuvres/mosaique-du-bon-pasteur-425-450.html

Image enregistrée (Wikimedia)

Transhumance en Ariège

Transhumance en Ariège

Le Bon Pasteur, par Philippe de Champaigne (1602-1674) (Photo Wikimedia commons)

Le Bon Pasteur, par Philippe de Champaigne (1602-1674) (Photo Wikimedia commons)

Le Bon Berger, statue polychrome de Luisa Roldan (1652-1706), basilique San Juan de Dios, Grenade (photo Wikimedia commons)

Le Bon Berger, statue polychrome de Luisa Roldan (1652-1706), basilique San Juan de Dios, Grenade (photo Wikimedia commons)

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