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Psaume 79 (h 80)

Le psaume 79 fait partie des psaumes attachés à la période de l’Avent comme le psaume 84 que nous avons récemment étudié dans un article sur mon blog :

http://www.bible-parole-et-paroles.com/2018/12/psaume-84-h-85.html

 

On y retrouve le thème de la demande du retour vers Dieu repris en refrain :

Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés ! (Ps 79, 4, 8 et 20)

 

Cf. Psaume 84, 5 :

Fais-nous revenir, Dieu, notre salut, oublie ton ressentiment contre nous.

 

Cet appel au retour vers Dieu se conjugue avec un appel à Dieu pour qu’il cesse sa colère et retourne, lui aussi, vers son peuple :

 

Seigneur, Dieu de l'univers, vas-tu longtemps encore opposer ta colère aux prières de ton peuple (v. 5)

Dieu de l'univers reviens ! (v. 15)

 

Cf psaume 84 :

Seras-tu toujours irrité contre nous, maintiendras-tu ta colère d'âge en âge ? (v. 6)

N'est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre et qui seras la joie de ton peuple ? (v. 6-7)

 

Le psaume 79 est divisé en deux parties :

  1.      (vv. 2-8) Dieu est le berger de son peuple :

Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau (v. 2)

Cela rappelle bien sûr le psaume 22 « Le Seigneur est mon berger … » lui aussi étudié dans un article sur le blog. Dieu est imploré pour venir sauver son peuple.

  1.      (vv. 9-20) Dieu est le vigneron de sa vigne Israël : peuple qu’il a fait revenir d’Egypte (v. 9) et auquel il a réservé une terre (v. 10). Ce peuple s’est d’abord développé et a prospéré (v. 11-12). Puis Dieu a laissé les ennemis (les animaux sauvages) saccager cette vigne (vv. 13-14) car Israël s’est écarté de lui pour aller vers les faux dieux (v. 19)

 

Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux. (Osée 10, 1)

 

Le verset 18 du psaume 79 a entraîné une lecture messianique tout à fait dans la tonalité de l’Avent comme cette thématique des retours évoquée plus haut :

Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force (v. 18)

 

Comme le psaume 84, le psaume 79 puise aussi des images fortes au contexte naturel et montre la nécessité d’un comportement conforme à la volonté du Créateur pour connaître une nature féconde et prospère.

 

Méditation grégorienne

 

Les versets 20 et 3 constituent le texte du graduel grégorien du samedi qui précède le 4ème et dernier dimanche de l’Avent :

 

Domine Deus virtutum converte nos et ostende faciem tuam et salvi erimus.

V/ Excita, Domine, potentiam tuam et veni ut salvos facias nos.

 

Seigneur Sabaoth, fais-nous revenir ; montre ta Face, et nous serons sauvés.

V/ Ranime, Seigneur, ta vaillance et viens pour nous sauver

 

https://www.youtube.com/watch?v=Ht2epvMSqRo

 

Pour avoir l’intégralité du texte du psaume 79 (traduction liturgique) :

https://www.aelf.org/bible/Ps/79

 

Dieu est le vigneron de sa vigne Israël

11 Son ombre couvrait les montagnes, et son feuillage, les cèdres géants ;

13 Pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ;

14 le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent.

Psaume 79 (h 80)

15 Dieu de l'univers reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la,

16 celle qu'a plantée ta main puissante, le rejeton qui te doit sa force.

17 La voici détruite, incendiée ; que ton visage les menace, ils périront !

 

18 Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force.

19 Jamais plus nous n'irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

20 Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir ; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés.

Psaume 79 (h 80)

Méditation en forme d’échos

 

La vigne fait l’objet de nombreuses allégories

 

01 Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile.

02 Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.

03 Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne !

04 Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?

05 Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée.

06 J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie.

07 La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris. (Is 5, 1-7)

 

 

10 De nombreux pasteurs ont saccagé ma vigne, piétiné la part qui me revient ; ils ont changé ma part délicieuse en solitude désolée.

11 Ils l’ont réduite en lieu désolé : la voici devant moi en deuil et désolée ; tout le pays est désolé, et personne ne prend cela à cœur.

12 Sur toutes les hauteurs du désert, s’avancent les dévastateurs : c’est l’épée du Seigneur qui dévore, d’une extrémité à l’autre de la terre. Plus de paix pour aucun être de chair !

13 Ils ont semé du blé, ils moissonnent des ronces ; ils se sont fatigués, ils n’en profitent pas. Ils sont confus de leurs récoltes, à cause de l’ardente colère du Seigneur.

14 Ainsi parle le Seigneur : Tous mes mauvais voisins, qui ont touché à l’héritage dont j’ai fait hériter mon peuple Israël, je vais les arracher de leur sol, j’arracherai du milieu d’eux la maison de Juda.

15 Mais après les avoir arrachés, je reviendrai à ma tendresse pour eux et je les ferai revenir, chacun dans son héritage, chacun dans son pays. (Jr 12, 10-15)

 

 

Commentaire de Don Guéranger ** (« L’année Liturgique », « Le jeudi de la première semaine de l’Avent », Edition Oudin de 1905 pp. 145-146) :

 

Nous attendons la Naissance d’un Enfant qui doit paraître sept siècles après Isaïe ; et cet Enfant sera le Sauveur du monde. Or, les hommes le persécuteront, l’accableront de calomnies et d’injures ; et à la veille du jour où ils le crucifieront, il leur proposera cette parabole :

Il y avait un homme qui était père de famille, et il planta une vigne, l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, y bâtit une tour et la loua à des laboureurs ; après quoi il partit pour un pays étranger. Or, quand le temps de la vendange fut venu, il envoya ses serviteurs vers les laboureurs pour recueillir ses fruits. Et les laboureurs ayant pris ses serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent celui-ci. Il envoya donc de nouveaux serviteurs en plus grand nombre que la première fois ; et ils leur firent de même. En dernier lieu, il leur envoya son fils, disant : Au moins ils respecteront mon fils. (Mc 12, 1-6)

Chrétiens, le voici qui vient, ce Fils. Le respecterez-vous ? Le traiterez-vous comme le Fils de Dieu, avec l’honneur et l’amour qui lui sont dus ? Voyez quelle progression dans la malice des hommes ! Au temps d’Isaïe, les Juifs ont méprisé les Prophètes ; mais les Prophètes, quoique envoyés de Dieu, n’étaient que des hommes. Le Fils de Dieu est venu lui-même, et ils Font méconnu ; et c’était là un bien plus grand crime que de lapider les Prophètes. Quel serait donc le crime des chrétiens qui connaissent celui qui vient ; bien plus, qui sont ses membres par le Baptême, de ne pas lui ouvrir leur cœur, quand il va venir envoyé par son Père ? Quel châtiment ne mériterait pas la vigne ingrate plantée avec tant d’amour, si elle persistait à ne donner que des fruits sauvages ? 0 Sauveur ! hâtez-vous de nous fertiliser : couronnez-nous de fleurs et de fruits pour le jour prochain de votre Avènement.

 

** Dom Prosper Guéranger (1805-1875) moine bénédictin de l’abbaye de Solesmes est considéré comme le restaurateur du chant grégorien et un initiateur du « Mouvement liturgique » ; il a écrit « L’année liturgique », une véritable somme qui propose une méditation sur tous les textes de la liturgie. Sur Don Guéranger : http://www.abbayedesolesmes.fr/abbe/dom-prosper-gueranger

 

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